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Actu du jour

Edito 28

 

Caumont sur Durance le 20 août 2017,
Commémoration de la Libération de Caumont

Monsieur le président du conseil départemental
Monsieur le vice-président du conseil départemental,
Mesdames et messieurs les élus,
Mesdames et messieurs les autorités civiles, religieuses et militaires,
Madame et messieurs les porte-drapeaux,
Mesdames et messieurs,

Nous nous retrouvons une nouvelle fois devant cette stèle et devant cette chapelle pour commémorer la libération de notre village de l’occupant nazi, mais aussi et surtout pour nous souvenir - tous ensemble - de ce qui s’est passé ici en août 1944.

Il est de notre devoir de rendre hommage pour ne pas oublier - pour ne pas oublier que si nous vivons aujourd’hui dans un pays libre c’est parce que des hommes et des femmes à un moment de leur vie - à un moment de notre histoire – ont combattu pour la défense des libertés - ont combattu contre ceux qui voulaient s’en prendre à notre liberté.

Souvenons-nous que la paix n’est jamais un acquis - souvenons-nous que la paix est fragile et que pour y parvenir en 1945 elle aura coûté des millions de vies sur les champs de bataille, dans les camps de concentrations nazis, dans les maquis et sur les plages des débarquements.

Nous devons le dire et le redire sans relâche à nos enfants et à nos petits-enfants, il est important qu’ils sachent ce qu’est l’horreur de la guerre - il est important qu’ils sachent ce qu’a été le courage de ceux qui ont combattu le nazisme et qu’ils soient conscients que beaucoup ont donné leur vie pour notre liberté.

Souvenons-nous que le 24 août 1944 un détachement de la 3ème division d’infanterie des Etats-Unis d’Amérique est venu libérer Caumont.

Mais souvenons-nous aussi des longues années d’occupation qui ont précédé et si en commémorant la libération de notre village nous rendons hommage aux otages de la chapelle Saint Symphorien, nous devons aussi rendre hommage aux résistants Caumontois - souvent restés dans l’ombre et dont on parle peu - même aujourd’hui - ainsi qu’aux 53 enfants de Caumont qui ont été retenus prisonniers en Allemagne et dont la plupart n’est revenu à Caumont qu’à la fin mai 1945 après 5 années de captivité.

Le 24 août 1944 Caumont était libéré mais Caumont - comme toute la France et comme une grande partie de l’Europe sont restés meurtris.

Meurtri et endeuillé par ces enfants qui y ont laissé la vie - meurtri par des blessures physiques et morales irréparables et meurtri par l’incroyable épisode de violence qui s’était déroulé quelques jours auparavant le 21 août et que nous devons rappeler encore et encore pour qu’il ne tombe pas dans l’oubli du temps qui passe.

Ce jour-là pour se venger du geste qui reste inexpliqué d’un habitant du village - qui avait tiré sur un side-car Allemand et légèrement blessé une ordonnance Allemande - le commandement ennemi a déclenché des représailles démesurées.

Ils ont d’abord abattu froidement sur le Faubourg Saint Sébastien Max CASTELLA et Marius SABATIER, puis la nuit venue - lors d’une véritable rafle - 20 Caumontois ont été arrêtés, enfermés et retenus en otage dans cette chapelle.
Ils vécurent l’enfer de la peur et s’ils ont échappé à la mort, ils en ont gardé un souvenir douloureux.

Il y avait : M. BERGOGNE le receveur des postes, Léon CABIAC, Félix GERMAN, Marie-Louise GERMAN, Elie GILBAUD, Jules GILBAUD, Guy HOSTALERY, Régis JOUFFRET, Albert MARGAN, Jean MARGAN, Gilbert RIGAUD, Odette RIGAUD, Jules ROUBAUD, Marie ROUBAUD, Robert ROUBAUD, Joseph RUGGI, Victor RUGGI, Raymond WILDEMAN, Roland REVIS et Germaine REVIS qui enceinte à ce moment là, décèdera quelques jours plus tard après une fausse couche.

Aujourd’hui tous sont décédés, mais nous ne devons rien oublier - nous leur devons de ne rien oublier.

Max CASTELLA et Marius SABATIER sont morts ce 21 aout 1944 parce qu’ils ont eu le malheur d’être sur le faubourg Saint Sébastien au moment où l’ennemi a ouvert le feu, pensant probablement que la haine, la violence et la mort solutionneraient les problèmes.
Je ne peux m’empêcher de faire le parallèle avec ceux qui ont perdu la vie sur la Rambla à Barcelone il y a 3 jours, avec les victimes de la Promenade des Anglais à Nice, du Bataclan et de toutes ces victimes innocentes en France et dans le monde, victimes de la haine, de l’horreur et de la Barbarie. Non - rien ne pouvait justifier ces crimes odieux il y a 73 ans - rien ne peut les justifier aujourd’hui.

Alors oui - perpétuons ces messages aux générations futures - il en est de notre devoir.

Et quand on veut s’attaquer à nos libertés - à cette liberté qui a coûté si cher à nos ancêtres - le plus bel hommage que nous pouvons rendre aux Caumontois morts pour la liberté de la France - aux otages de la chapelle - à l’ensemble des morts pour la France et des victimes du terrorisme - quels qu’ils soient - est que les Caumontois comme tous les Français, comme tous les Européens, comme tous les citoyens du monde soient plus que jamais unis pour la paix et plus que jamais nous devons garder à tout moment en mémoire les valeurs fondamentales de notre République
LIBERTE – EGALITE – FRATERNITE.

Le Maire,
Joël FOUILLER